Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 22:26

Supposons que je décide de créer une usine en France pour fabriquer des vêtements ou des appareils électroniques grand public. Je décide de faire travailler des ouvriers 60 heures par semaine (y compris des enfants) en les payant une bouchée de pain sans financer de protection sociale. Je décide aussi de ne pas me préoccuper des questions d'environnement.
Ma petite entreprise ne devrait pas perdurer et il est fort possible que je me retrouve rapidement dans les geôles de notre république !

Supposons maintenant que je décide de développer une chaîne d'hypermarchés ou un réseau de distribution spécialisé dans la vente de vêtements ou d'appareils électroniques grand public. Je choisis, dans un pays lointain, des fournisseurs qui font travailler des ouvriers 60 heures par semaine (y compris des enfants) en les payant une bouchée de pain sans financer de protection sociale. Ces fournisseurs ne se préoccupent pas des questions d'environnement.
Je vais m'enrichir. Ma société sera connu pour proposer des prix bas ; elle sera montrée en exemple pour sa contribution à la lutte contre l'inflation et à l'augmentation du pouvoir d'achat des français. Et peut-être serai-je un jour convié dans les palais de la république ...


Par Jean Dorus - Publié dans : Mondialisation
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 22:22

Parmi les énergies renouvelables à la mode, se placent en tête les panneaux photovoltaïques. Ils sont en effet très séduisants. Contrairement aux éoliennes, ils ne produisent aucune nuisance sonore et peuvent également être considérés comme assez neutres du point de vue esthétique.

Chez un particulier, une installation classique de 25 m² dispose d'une puissance maximale de production de 3 kWc (kilowatts crête), à savoir qu'elle produit 3 000 watts sous ensoleillement maximale. Son coût d'installation sera d'environ 20 000 € (hors subventions et crédits d'impôts), soit 10 000 € après crédit d'impôt de 50 %.

Compte tenu de l'ensoleillement moyen en France, la production annuelle est au minimum de 1 000 kWh/kW installé. L'installation produira donc en moyenne 3 000 kWh par an. Le prix de rachat de l'électricité photovoltaïque etant fixé au 1er Janvier 2010 à 60,2 centimes d'euros kWh, l'installation rapportera un peu plus de 1 800 €/ an, soit un rendement de 18 % annuel.
On objectera que les panneaux photovoltaïques ont une durée de vie de 20 ans et que l'investissement subit donc une perte de valeur annuelle. L'installation sera tout de même amortie en moins de 10 ans et les 10 dernères années seront du bénéfice pur.

Ce n'est pas tant le rendement exorbitant de l'opération qui est choquant que son origine.

Tout d'abord l'investissement est financé pour moitié par l'état, donc l'ensemble des contribuables, qui ne reçoit aucune contrepartie financière. Il n'est pas sûr que cela soit pertinent compte tenu de l'état de nos finances publiques.
Ensuite, le rachat de l'électricité est réalisé à un prix 10 fois supérieur au prix de revient de l'électricité produite par EDF (un kWh nucléaire ou par énergie fossile a un coût de production autour de 40 à 60 centimes). C'est donc l'ensemble des consommateurs d'électricité qui financent ces opérations.

D'ailleurs, le producteur d'électricité photovoltaïque installera  deux compteurs. Un premier pour acheter l'électricité qu'il consomme à un prix autour de 10 centimes/kWh(prix moyen EDF suivant abonnement) et un second pour se faire racheter l'électricité à 60 centimes/kWh(par EDF !). Quelqu'un pourrait-il également me racheter les tomates de mon jardin 6 fois plus chers que celles que j'achète au supermarché ?

Un autre paradoxe est que les installations photovoltaïques seront principalement réalisées sur des maisons individuelles ou des bâtiments industriels qui sont en général de gros consommateurs d'énergie pour le chauffage et utilisent bien souvent le gaz ou le fioul.
Les bénéficiaires de cette rente écologique resteront donc des pollueurs. Les occupants des habitats collectifs et des ensembles de bureaux, en général chauffés à l'électricité, seront les payeurs  alors que leur dépense énergétique globale est beaucoup plus modérée.

Enfin le bilan social est également catastrophique. Les panneaux photovoltaïques sont mis en place par des particuliers ou des groupes industriels disposant de ressources suffisantes. Le financement du super-bénéfice distribué aux propriétaires de panneaux photovoltaïques sera subi par l'ensemble de la population, y compris les plus modestes (notamment les locataires chauffés à l'électricité).

Une fois de plus nos gouvernants ont mis en place un système ruineux pour la majorité des français qui permettra d'enrichir une petite minorité opportuniste sans aucun bénéfice collectif.
Tout cela dans une optique uniquement médiatique et électoraliste...

Par Jean Dorus - Publié dans : Energies Renouvelables
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